à propos d'Iter...
Des chantiers de construction
en infraction avec le Code du travail
Des responsables CGT des Alpes-de-Haute-Provence nous ont alertés sur la surexploitation des travailleurs qui construisent les chantiers d'Iter (International Thermonuclear Expérimental Reactor). La bataille qu'ils mènent est à relier, au niveau national, au problème du travail à bas coût en France. Elle concerne aussi des travailleurs employés sur les chantiers navals de Loire-Atlantique et, plus généralement, sur les gros chantiers de BTP.
À Saint-Paul-lès-Durance, dans le département des Bouches-du-Rhône, tout à côté du centre de recherches nucléaires de Cadarache, s'ouvre un gigantesque chantier de construction, le chantier d'Iter. L'objectif de cette expérience est de démontrer la possibilité technologique de la production d'énergie par la fusion d'atomes légers, réaction produite dans les étoiles. Pour la réalisation de ce chantier de construction, 3 000 à 4 000 travailleurs sont attendus dans les trois à quatre années qui viennent, dont 700 dès cette année 2013, puis 2 500 en 2015, pour atteindre progressivement le nombre prévu de trois à quatre mille en période de pointe. Les entreprises chargées de la construction de ce chantier ont choisi d'organiser des cascades de sous-traitances et de faire appel à une main-d'œuvre très bon marché, via les pays du sud et de l'est de l'Europe, travailleurs dits « détachés européens ».
Ces travailleurs « lowcost » seront sous-payés par rapport aux travailleurs français.
Pour ces « détachés européens », les employeurs, en infraction avec le Code du travail français, ne paieront pas de cotisations sociales. Actuellement, quatre cent cinquante mille ouvriers étrangers déplacés travaillent en France sous ces conditions.
UNE FRAUDE SOCIALE AUX CONSÉQUENCES MULTIPLES
Cette fraude sociale, autorisée par l'Union européenne, avec la complicité des gouvernements français, tant de droite que de gauche, est une aubaine pour les multinationales qui peuvent d'autant plus surexploiter les travailleurs, en particulier les plus pauvres, pour le plus grand profit de leurs actionnaires.
Iter est un chantier« clos et indépendant ». Cette disposition en interdit l'accès aux organisations syndicales et aux comités d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail (CHSCT).
Les contrôles de l'inspection du travail et des unions de recouvrement des cotisations de Sécurité sociale et d'allocations familiales (Urssaf) sont soumis aux autorisations préalables des maîtres d'ouvrage. Ces travailleurs précaires sont ainsi maintenus dans l'ignorance de leurs droits sociaux. Les conditions d'hébergement de ces travailleurs (célibataires) seront tout aussi précaires que leur travail. Il est en effet prévu de les loger, à moindre coût, à plusieurs, dans des Algeco ou des mobil-homes, sur un camping désaffecté, un ancien stade, voire sur un terrain vague près d'une voie ferrée... Cette recherche de main-d’œuvre au moindre coût aura également pour conséquence de priver les nombreux chômeurs de la région de tout espoir de pouvoir travailler sur ce chantier.
Ce dumping social privera aussi les caisses des organismes sociaux des cotisations qui leur reviennent (assurance maladie, assurance chômage, allocations familiales, caisses de retraite, 1 % logement...). Depuis trois ans, des militants CGT luttent sans cesse, contre vents et marées, pour dénoncer le dumping social qui se prépare, en espérant toujours un large rassemblement autour de cette cause.
Correspondants
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